Bon. Je pensais avoir tout vu en matière d'oscillos russes. Les C1-90, 94 sont connus. Le C1-137 est une copie de Hameg. Eh bien, voici un oscillo, russo-soviétique, qui ne ressemble à rien de connu:

Il s'agit d'un spécimen fort rare de C1-118. Un grand merci à la personne qui me l'a donné. Ce qui saute aux yeux, c'est tout d'abord la couleur de l'écran. Violet-mauve. Exactement ce qu'il faut pour donner une note "Barbie" à votre atelier d'électronique. Ensuite, le boîtier, qui est constitué d'une double baignoire en plastique noir très élégant... Et ce n'est pas fini. Par exemple, les boutons poussoirs visibles sous l'écran: certains sont arrondis, d'autres bien carrés. Ce niveau de finition laisse présager le pire pour l'intérieur de l'appareil... Ce spécimen porte le numéro de série 751, fabrication 1986. Il y a plein de choses amusantes, que je vais essayer de détailler ci-dessous, mais d'abord quelques unes de ses caractérisques:
Oscilloscope bicourbe, calibre d'entrée 5mV à 10 V par division.
Base de temps de 0,05 µs à 50 ms par division.
Les commandes et fonctions disponibles sont minimalistes.
Dimensions 21x12x30 cm

L'arrière de l'appareil est tout plat.
On voit bien la ligne de jonction entre les deux parties du
coffret. Celles ci sont maintenues serrées par 4 vis de 11 cm de
long, qui sont d'ailleurs très difficiles à remettre en place
une fois démontées, car elles sont dépourvues de guide. Il y a
moyen d'enroler le fil d'alimentation autour de l'appareil, pour
le rangement. Remarquez les défauts de moulage sur la droite. Le
numéro de série est gravé, l'année 1986 est sérigraphiée
!!!


Vue de l'intérieur. Hélas il manque la
carte de la base de temps, sur le coté droit du tube. Sinon, la
plupart des circuits prennent place sur la grande carte du fond.
A l'arrière, la petite carte supporte les composants du tube. Le
travail de tôlerie est dégueulasse. Le transfo est pourrade. Le
bout de plastique en L au niveau du culot du tube est là pour
empêcher le connecteur de celui-ci de se barrer, car sinon il ne
tient vraiment pas en place... Le bidule jaune et bleu, enroulé
autour du blindage, doit être une ligné à retard, ou un
circuit de compensation magnétique.

Comme dans le C1-137, le circuit multiplicateur THT est enrobé dans de la résine. Le serre-fils à gauche est d'origine ! Sinon les composants sont bien typiques, rien de spécial à signaler à ce niveau...

Les connaisseurs auront reconnu les
composants russes les plus classiques. Les connecteurs de
liaisons entre les platiques sont à la fois sertis et soudés,
comme celui entre les 2 transistors ci-dessus. A certains
endroits de la carte, les pistes sont mal gravées, avec des
contours hésitants et pas droits, exactement comme quand on rate
le tirage d'une plaque imprimée dans sa cuisine... C'est la première
fois que je vois ça sur du matériel de série !

Gros plan sur les extrémités de la
Chose, aussi appelée ligne a retard. Ca tient avec de la ficelle
enroulée et mouillée au vernis. A gauche, admirez le pont de
diodes soudé de travers...

Octobre 2001 * Sylvain Meynier